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Noms de lieux et noms communs
  • ahamkāra: la conscience de soi en tant qu'individu ou entité distinct du reste de la création, pourvu de qualités, comme l'indiquent les racines du mot: ahām, je, et kara, participe du verbe kri, faire. L'ahamkāra est l'identité et les gunas sont les ahamkāras de base. Chez un homme l'ahamkāra a son siège dans le mental (voir manas et chitta).
  • ahimsā: l'abstention de toute forme de violence par la pensée, la parole ou l'acte.
  • akasha: l'atmosphère et le fluide subtil primordial dont est composé Prakriti avant sa mise en forme par le souffle divin.
  • akshara: ce qui est inaltérable, la syllabe Om, le Brahman et la Personne du Brahman. 
  • akshauhinī: une armée de 218700 combattants composée de proportions de chars, éléphants, chevaux et fantassins exactement dans les rapports 1:1:3:5. L'élément de base de l'armée est le pathi autour d'un char et ses multiples sont des puissances de 3 du nombre de chars, jusqu'à l'anīkinī (37) comprenant 2187 chars. Une akshauhinī est une armée, probablement utopique, de 10 anīkinīs.
  • Amarāvatī: la cité d’Indra.
  • amṛita: l'élixir d'immortalité.
  • angada: large bracelet porté à l'avant-bras par les guerriers, du nom du fils de Vāli.
  • āpsara:  nymphe céleste, aux mœurs légères.
  • arghya: offrande de bienvenue, la plus simple étant l’eau pour se laver la bouche, les mains et les pieds.
  • artha, kāma et dharma: le "groupe des trois" centres d'intérêt humains, qui sont le profit, le plaisir et le devoir.
  • ārya: issu du verbe ṛi (agir correctement, s'élever, atteindre) souligné par le préfixe affirmatif ā - est dite ārya (m) une personne juste, morale, observant le dharma. Le mot est parfaitement défini dans le premier shloka prononcé par Krishna dans la Gītā (2-1), pour fustiger Arjuna qui se lamente sur son destin qui le condamne à se battre avec toute sa famille : kuta tvā kashmalam idam vishame samupasthitam an-ārya-jushtam a-svargyam a-kirtikaram , i.e. "d'où te vient cette faute (indignité) qui s'empare de toi sur le champ de bataille, propre à une personne dont les pratiques ne sont pas ārya, non céleste (a-svargya - ne conduisant pas au paradis) et porteuse d'infamie (a-kirti-kara - faisant sa mauvaise réputation).    
  • asura: nom des êtres spirituels nés sous les auspices combinées du sattva et du rajas, antonyme de sura. Le mot sura, auquel on attribue pour racine le verbe sur (avoir un pouvoir) désigne le deva (celui qui est divin). Cependant le mot sura est moins souvent utilisé que deva pour désigner un pouvoir spirituel bénéfique (su, svah), et le verb sur a sans doute été forgé spécialement pour lui trouver une étymologie. Mais il vaut d'être mentionné car il est la racine de Sūrya. Par contre asura a pour origine certaine le verbe as, donc un asura est cette entité qui existe spirituellement, indépendemment de tout contexte spatio-temporel. Un asura est une personne divine au sens de spirituel ou supranaturel (en aucun cas une personne sans pouvoir, insignifiante, comme "inexistante", sens que prendrait le mot s'il dérivait de a-sur). Mais par rapport à leurs frères devas au comportement purement sattvika, les asuras sont entichés de leurs pouvoirs, ce qui fait d'eux des démons. Les enfants de Danu et Diti sont des asuras tandis que ceux d'Aditi sont des devas, mais ils ont le même père Kashyapa. On trouve aussi souvent le mot āsura dans la littérature, notamment dans la section 16 de la Gītā. Il désigne une créature démoniaque, qui présente des caractéristiques du démon, parmi les humains par exemple. Grammaticalement c'est un adjectif substantivé, comme son contraire daiva. Kṛiṣṇa définit la personne āsura comme orgueilleuse, insolente, prête à nuire pour satisfaire ses intérêts, coléreuse, violente, ignorante (shloka 16-4).
  • āṡramas: les modes de vie successifs que devraient adopter l'être humain qui sont le célibat (brahmacharya), la vie de famille "dans une maison" (gārhastya – l'état de celui qui est gṛihastha), la retraite et la méditation (vānaprastha), le renoncement à toute activité (saṁnyāsa ou sannyāsa).
  • aṡvamedha: le sacrifice du cheval
  • aṡvattha: "sous lequel peut se tenir un cheval", nom s'appliquant aussi bien au banian (ficus bengalensis) qu'au pippal (ficus religiosa), deux types de figuiers qui ont par ailleur chacun un nom spécifique en sanskrit (vaṭa, pippala). Leur signification symbolique est double. En se divisant à l'infini le banian symbolise la ramification des activités et des créations dans le Brahman (voir Gītā section 15 shlokas 1-4). Mais ce banian des activités doit être coupé avec la hache de la détermination car il matérialise la source de tous les maux. L'activité est l'expression de l'individualisme et le banian en est le symbole criant (comme le rappelle le Garuda Purana Ac. Kh. 226.3). Concrètement: 1) la graine du banian comme celle de presque tous les figuiers se développe volontiers au creux d'une branche d'un autre arbre puis en croissant il étrangle son hôte; 2) la multiplication de ses branches et de ses racines, incomparable dans le règne végétal, matérialise parfaitement le concept d'individualisme (prithaktva) et l'ignorance de l'unité (ekam) que Krishna stigmatise comme l'expression d'une conscience rajasique (section 18 shlokas 20 et 21): "cette connaissance qui concoit tout en termes de différence". Ajoutons que l'ombre faite par cet arbre, dans laquelle peut se tenir un cheval pour se reposer, et même parfois un troupeau ou un conseil de village, symbolise l'ignorance qui est l'absence de lumière. Le foisonnement de ses branches, qui est aussi symbolique de celui de la créativité de Brahmā et des hommes (samkalpa), engendre l'égarement.          
  • atiratha: un guerrier d'exception combattant sur char.
  • ātman (ātmā au nominatif): le propre de soi ("self" en anglais), par essence immuable et pur, divin et dépourvu de qualités, auquel cependant on a tendance à attribuer celle de bonté. Bien qu'on traduise le mot par self, l'ātman n'appartient pas à la personne, puisqu'il est la personne, celui qui seul possède. L'ātman (ou âme) est selon le Bhagavad Gītā la seule existence permanente, que je qualifierai de subjective, par opposition à l'ahamkāra qui est l'existence objective de la personne. Lorsqu'il s'incarne l'ātman devient jīva. Les deux mots sont du genre masculin. L'ātman est une parcelle (anṡa) du Parama-ātman, un rayon de cet astre en quelque sorte. L'étymologie du mot  anśa étaie le concept que l'âme est une particlue subtile imprégnant le corps puisqu'il est issu du verbe aś signifiant obtenir, parvenir à, pénétrer, imprégner.
  • ātmanepada – parasmaipada: littéralement positionné en soi ou positionné en autrui. Ce terme grammatical constitue une subtilité spécifique à la langue sanskrit, qui doit bien être distinguée des formes réfléchie ou passive dans d'autres langues. Ainsi selon qu'on dise karoti ou kurute: dans le premier cas (parasmaipada) il faut comprendre qu'il fait quelque chose qui est généralement précisé par un complément d'objet direct, dans le second (ātmanepada) il faut comprendre qu'il est actif. C'est important car certains verbes apparaissent préférentiellement sous un seul de ces deux modes, impliquant que l'action est introspective ou extravertie. Ainsi le verbe īkṣ qui est ātmanepada signifie voir au sens de concevoir tandis que dṛiṡ signifie voir une forme physique: īkṣate bhāvam =  il conçoit  l'existence (Gītā shloka 18.20), paśyati bhavatam = il voit celui qui est ici présent (qui lui fait l'honneur de sa présence). Des verbes tels que man (penser, comme Descartes: cogito ergo sum) ou ās (s'assoir) sont tout naturellement ātmanepada, tandis que cint (penser que, percevoir, réfléchir à, être conscient de) est parasmaipada.        
  • attributs de Vishnu : pānchajanya, la conque; sudarshana, le disque (chakra); kaumodakī, la masse; vidhādhara, l’épée; shatakandra, le bouclier; shārnga, l’arc; shrī-vatsa, la marque; kaustubha, le rubis ; le lotus.
  • avasthā: les états de conscience, que sont l'éveil (jāgrata), le rêve (sapna), le sommeil profond (sushupta), la conscience pure dans le yoga (turya). Le Brihadarayanaka dit du rêve: c'est cet état où on sait que ce dont on jouit on le crée soi-même. "Dans cette condition entre la vie et la mort on est conscient des deux états de la personne" (4-3.9) 
  • avatāra, anṡa et vyūha: il est préférable de parler d'une manifestation sous une forme (mūrti) que d'une incarnation proprement dite car les avatāras de Vishnu ne sont pas évanescents. Ils résident en des endroits de leur choix, souvent indéterminés mais parfois bien définis comme Kashyapa qui est dans le Pātāla. Dans le Rāmāyana, Rāma n'abandonne pas son corps sur cette terre mais retourne dans les sphères célestes sous cette forme. Parasurāma continue à errer sur la terre après avoir accompli ses exploits, jusqu'à ce qu'on lui intime de se tenir tranquille quelque part dans les monts des Ghats. Chaque avatāra de Vishnu "passe dans" le cycle temporel (sens propre du mot) au cours d'un yuga bien défini d'un manvantara précis. Ainsi le huitième avatāra de Vishnu, Krishna, paraît à l'orée du kali-yuga durant le règne du Vaivashvata Manu. Selon le canon, les avatāras sont littéralement des formes passagères de Vishnu (de ava =vers le bas et tri= traverser), donc des anṡa (des formes partielles, littéralement des portions ou plus poétiquement des rayons de ce Soleil); ce ne sont pas des vyūha (des formes fondamentales) qu'Il adopte au cours de l'évolution de l'univers.   
  • Ayodhyā: cité du roi Rāma, capitale de Kosala, située au nord de l'Uttar Pradesh près de la frontière avec le Népal .
  • āyurveda: "la science du vivant", médecine ancienne dont l'enseignement serait parait-il une branche de l'atharva-veda, mais qui fut en fait développée dans le sud de l'Inde principalement de même que la chirurgie. Contrairement à la médecine occidentale (qui parce qu'elle est fondée sur une philosophie individualiste) traite chaque maladie séparément, l'ayurveda traite l'état du patient dans son ensemble (en conformité avec le principe de base de la philosophie orientale). On trouve des exposés d'ayurveda dans le Garuda Purana (sections de L'Ac. Kh. 145-204: "Dhanvantari samhitā" – du nom du guru de l'ayurveda)   et l'Agni Purana (section 279 et suivantes). Des traitements de base sont: le jeûne, surtout en cas de fièvre; une alimentation appropriées, à base de diverses types de riz, de céréales, de produits laitiers choisis selon le cas (comme le riz entier et le yaourt en cas de désordre intestinal), et d'une vaste panoplie de fruits, d'herbes et racines. Un souci constant est de faire le rapport entre le désordre observé et le bon fonctionnement de celui des cinq prānas qui est concerné. Les épices plaisantes au goût des palais indiens ont l'avantage (ou du moins la réputation) d'être aussi bonnes pour la santé.          
  • buddhi: l'intelligence, la compréhension, dont la nature (guna) et l'objet (jñana) présente des degrés: voir à ce sujet Shānti Parva CCXLVIII-CCL. Le degré supérieur (sattvika) dépasse la simple capacité de raisonnement juste, celle dont il est question lorsqu'on parle d'intelligence artificielle, et la compréhension phénoménale de l'univers où l'on vit. On qualifie ce degré supérieur de transcendantal. C'est un état de conscience, une intuition. Mais l'intelligence reste inféodée au matériel: elle se sert des mots du mental pour concevoir les idées et elle sert les désirs du mental, beaucoup plus aisément qu'elle ne les rejette pour se consacrer à la méditation. La 2ème section de la Gītā explique que buddhi doit être guidée (yukta) par le propre de soi (ātman) pour qu'elle soit dirigée dans une direction unique au lieu de se disperser. En particulier le shloka 2-63 exprime une idée intéressante concernant sa relation à la mémoire des expériences vécues qui se trouble (comme une étendue d'eau) quand elle est agitée par les sensations et sentiments. L'intelligence cosmique porte un nom particulier (mahat): c'est en fait la mémoire de l'ordre des choses, la génétique, le savoir faire de la création.       
  • cārana: barde itinérant (de carana: le pied), être semi-divin vivant dans le karmabhūmi.
  • cakra: le cycle, qui peut être celui de la nutrition et des devoirs mutuels tel que dans le shloka 14 de la troisième section du Bhagavad Gītā, celui du temps, sudarshana. 
  • Ciṭrakutā: "excellent pic" , lieu  où se trouvait l'hermitage des sages Atri et Agastya, au sud ouest du confluent des rivières Ganga et Yamuna (Prayag, nom ancien d'Allahabad). Rāma y rendit visite à Agastya et y séjourna quelque temps avant d'entrer dans la dangereuse forêt de Dandaka.    
  • citta: littéralement ce qui vibre, est une notion complexe, qualifiée de truc mental par Swami Vivekananda, comprenant le cerveau ("esprit" ou mana), la volonté et l'intelligence (buddhi), en quelque sorte l'instrument complet de transmission entre le self (ātmā) et les sens (indriya).
  • dakshina: don d'argent, vaches et autres aux brahmins et sannyasins.
  • dama: la maîtrise de soi.
  • Dandaka: la forêt au sud des monts Vindhyas où vivent les rākshasas.
  • deva: étymologiquement (issu du verbe div) deva est celui qui joue librement, le diurne. Le soleil, la lune, le précepteur, le père et la mère, ainsi que l'invité qui fait la grâce de sa présence sont deva. Dieu est deva par excellence. Le deva est su, tout en étant asur.  
  • dhanu: l'arc.
  • dharma: ce qui supporte l'ordre cosmique, à savoir le devoir moral, la religion, la vertu. Nombre d'auteurs, notamment des Indiens influencés par les idées occidentales (Shashi Tharoor entre autres), considèrent que le mot dharma est intraduisible parce que dans leur esprit le devoir (surtout en anglais où le mot "duty" signifie littéralement la tache à accomplir), la morale et la religion sont des concepts distincts. En fait il n'en est rien dans la majorité des civilisations asiatiques. Ainsi en Chine et dans les pays voisins d'Asie du Sud-Est faire son devoir envers la société, agir moralement et honorer ses ancêtres sont une même chose. La religion est beaucoup plus qu'un culte rendu aux ancêtres ou aux dieux; c'est avant tout un état d'esprit. On entendait parfois dire en France dans le passé: "cet homme a de la religion", ce qui en fait signifiait qu'il était respectable pour sa grande moralité. La locution est devenue surranée à n'en pas douter parce que dans une société qui se veut résolument laïque l'usage du mot religion est devenu un blasphème contre le bien-penser. Il existe cependant une gradation dans la religion. Le dharma est l'observation des règles de conduite (śastra) énoncées par les Vedas (śrutis) et par les anciens sages (smṛitis – en particulier les fameux Manu smritis qui constituent la base du droit civil) dans l'espérance d'accéder à une sphère d'existence supérieure dans sa vie future. Les personnes qui ignorent l'individualisme et dont toute l'activité s'inscrit dans un état de conscience spirituel se placent au delà du dharma (cf. Gītā). "Les vertus éternelles sont: la vérité, le contrôle de soi, l'austérité, la pureté, le contentement, la tolérance, la simplicité, la connaissance, l'apaisement des passions et la générosité" (i.e. satyam, dama, tapas, śocam, santoṣa, kṣama, arjavam, jnānam, śama, dānam respectivement - Garuda Purāna Acara Khanda 221. 24). C'est à peu près la même liste qu'on peut lire dans tous les Purāna et la Gītā, à l'ordre près. Le plus souvent la priorité est donnée à la générosité ou à la vérité, mais la connaissance est la clé de l'émancipation (moksha).
  • dhyāna: la méditation, qui ne doit en aucun cas être confondue avec la réflexion, car elle implique de fermer les portes de son esprit à tout autre sujet que soi-même.
  • dva: dvaṁdva est le couple (mâle femelle par exemple) et suggère la complémentarité; dvaidha est ce qui est situé dans deux choses, la division; dvipa est une île et dvis est l'hostilité. Dualité est un terme trompeur puisque selon les cas elle divise ou unit. 
  • Dvaitavana: lac et forêt où les Pāndavas passèrent la majeure partie de leur exil.
  • dvāpara: l’âge numéro deux.
  • Dvāraka: la ville "aux nombreuses portes", construite par Krishna sur la côte du Gujarāt et qui fut engloutie par les eaux après sa mort.
  • dvija: deux fois né, se dit principalement du brahmin après la cérémonie d’initiation.
  • esā, esāNa, nāraca, shakti: mots les plus souvent utilisés pour désigner une flèche. Les trois premiers noms désignent des flèches en fer. Le fer se dit adrisāra ou āyasa (ara est le métal).
  • gadā: la massue ou masse d'arme, à distinguer du parigha, la barre de fer ou le gourdin clouté.
  • gandharva: le parfumé, barde céleste résidant dans les nuages, souvent qualifié de voyageur des cieux comme son lieu de résidence, décrit comme semblable à un cheval dans le Garuda Purāna, ce qui expliquerait sa belle voie et son parfum.
  • Gāndīva: l'arc d'Arjuna, don de Varuna par l'intermédiaire d'Agni, avant le sacrifice de la forêt de Khāndava.
  • guņa: la qualité, le mode de la nature. Ces modes sont au nombre de trois, qui sont sattva, rajas et tamas et les adjectifs correspondants sont sāttvika, rājasa et tāmasa. Au sens propre le guna est une corde faite pour être saisie, telle celle d'un arc ou instrument à vent. Par extension c'est un parfum mais le mot est très rarement employé dans le sens de goût (rasa). Le mot guna est associé systématiquement au nombre 3 qui est aussi celui: 1) des formes propres (sva-rupa) de l'Eternel lorsqu'il a manifesté l'univers qui sont Brahmā, Vishnu et Shiva; 2) des stades du devenir: début, milieu et fin; 3) des lettres de l'udgitha AUM; 4) des sphères essentielles de la Gayatri Bhur Bhuvar Svar; des rivière sacrées se rejoignant au samgam; des formes d'action, de péché et d'austérité nommément la pensée, la parole et le corps; des ennemis de l'esprit qui sont kāma, krodha et lobha;. En fait la plupart des concepts qui relèvent de l'existence temporaire dans le monde réel. Trois est l'un des principaux nombres magiques, qui en fait sont tous des multiples de trois: 12, 18, 24. Dans le système "analytique " (= sankhya) de philosophie, qui est à la base de tous les courants philosophiques Indiens, le guna est un trait de caractère essentiel, une essence de base du parfum de chaque entité matérielle (animée ou inanimée). A priori une entitée inanimée est tamasa (ignorante, inerte, sans lumière), une entitée énergétique est rajasa (active, passionnée, pravritti tel Brahmā dont le trait fondamental est de créer), une entitée spirituelle est sattvika (pure, vraie, bénéfique, divine). Mais toute entitée matérielle a un parfum propre composé d'un savant mélange de ces 3 essences de base. Seul l'ātman est pur sattva, i.e. doté de l'existence vraie (sat-tva); à l'état incarné il est "enrobé" de gunas qui altèrent son comportement. Même l'intelligence, la foi, l'austérité, la charité, le devoir moral d'une personne sont imprégnés de son parfum personnel.
    Dans le Chāndogia Upanishad on apprend qu'aux trois gunas correspondent bhur bhuvar et svar, les trois feux et les trois Vedas. Rg est pour le sacrifice, Yajur pour l'action et les ancètres qui s'y sont consacrés, Sāma est pour la connaissance. Leur correspondent aussi parmi les devas Agni, Vayu et Surya car la terre est un lieu de sacrifice, l'air est le lieu où s'agitent les vents et le soleil est la source de connaissance.
  • Hastināpura: la ville du nom d'un éléphant, capitale des Kurus. Son nom est devenu Merat en hindi et Meerut en anglais aux temps modernes.
  • Hiranyagarbha: l'oeuf d'or. Le produit de la gestation de Nārāyana allongé entre deux eaux. Une image alternative au lotus sortant de son nombril, parfois combinée aussi comme dans le Kurma Purāna: "le lotus terre flottant sur les eaux est entouré d'une chaîne de montagne marquant le bord de la coquille". Le Vishnu Purāna quant à lui évoque (II.7.22-30) une infinité d'œufs univers flottant dans l'océan de la Nature indéterminée, comme autant de bulles de particularité (voir mahāt).    
  • homa: offrande aux dieux sous la forme de beurre clarifié dans le feu, que le brahmin devait effectuer au lever et au coucher du soleil, et par extension tout sacrifice impliquant systématiquement des offrandes dans un feu.
  • Indraprastha: la ville du nom d'Indra, un quartier de Delhi aux temps modernes.
  • jīva: l'ātmā incarné, l'hôte d'un corps (dehi), en conséquence affecté d'une personnalité (samskāra).
  • jñāna: la connaissance par l'étude et la raison, dite connaissance phénoménale. Elle trouve son extension au niveau transcendantal en vijñāna et veda. Voir en particulier Shānti Parva CCXXXVII.
  •  Kailāsa: mont Kailas (souvent orthographié Kailash par erreur) situé à la frontière tibétaine, où Shiva aime méditer.
  • kāla: le mot est un des plus ambigus du dictionnaire sanskrit. Kāla est le Temps, le Perturbateur de l'équilibre cosmique à l'instant de la création (Bhāg. Pur. XI.24) et le Grand Destructeur des mondes à l'instant de la dissolution (Gītā 11.32). Il initie et emporte tout. Au sens commun il est devenu hier et demain en hindi et kalā est une des divisions du temps valant 1,6 mn. Par extension, kāla est la mort, l'obscurité et la nuit, la couleur noire. Enfin pour vous dissuader d'apprendre le sanskrit ou l'hindi, le mot kalā désigne aussi l'art. 
  •  kali: l’âge numéro 1, le perdant (comme au jeu de dés), l’âge noir ou l’âge de fer.
  • kalpa: une journée de Brahmā durant 4300 000 000 années des humains.
  • kāma: icchā, kāma et rāga sont trois degrés du désir. Au sens strict, icchā désigne ce qui n'est pas déplaisant (dvesa), comme le chocolat, kāma un désir fort comme le désir sexuel et rāga la passion dévorante. Les chansons d'amour passionnées sont des rāgas.
  • Kāmyaka: une forêt proche de celle de Dvaitavana, où les Pāndavas passèrent une partie de leur exil.
  • karma: la causalité, du verbe kri (faire, exécuter une action). Au sens premier karma est l'effet de l'action, l'objet du verbe en grammaire. le kartri (nominatif kartā) est l'acteur, kriti celui qui est actif et kriti l'activité. Le mot karma est souvent employé au sens d'action dont on espère tirer un profit ou plaisir. Au contraire il désigne l'action "positive" conforme au devoir moral, comme le sacrifice yajna, quand il est opposé à vikarma, l'action qui s'écarte (vi) du devoir moral. L'effet d'une action peut être un résultat tangible ou une conséquence moins discernable à court terme tel que la modification de l'acteur. Le mot karma sous-entend alors le destin que l'auteur de l'action s'est forgé lui-même. Il n'est jamais employé au sens de hasard incontrôlable ou volonté divine. Cette destinée-là s'appelle daiva.
  • karmabhūmi: la sphère du karma dans laquelle nous vivons.
  • Kāshī: nom ancien de Vārānasī (sanskrit et hindi) ou Bénarès.
  • Kaumodakī: la masse de Vishnu, dont le nom signifie "celle de Kumodaka, le dispensateur de plaisir".
  • kavacha: le mot le plus courant pour une armure, dont celle de Karna.
  • Khāndava-prastha: lieu de résidence alloué par Dhritarāshtra aux frères Pāndavas dans la forêt de Khāndava. Ils y firent bâtir la ville d’Indraprastha.
  • kim-nara: est-ce un homme? Nom d'une tribu de montagnards d'après le Mahabharata. Mais selon l'histoire racontée dans le Matsya Purana ch 12, un kimnara est un androgyne, dont Ilā le fils de Vaivasvata Manu qui changeait de sexe est le prototype.
  • Kishkindhā: la ville des singes dans le Rāmāyana.
  • kokila: koïl ou koël, oiseau noir au chant mélodieux.
  • Kosala: royaume de Rāma.
  • kripā: la pitié, la tendresse, la compassion. C'est donc une passion et en toute rigueur on ne devrait pas utiliser le mot compassion pour traduire ānrishamsa: la gentillesse, la bienveillance. Anrishamsa est une vertu. Comme bien souvent en sanskrit le mot ānrishamsa exprimant la vertu est masculin et le mot kripā exprimant la passion est féminin. 
  • krita: l’âge numéro quatre, le gagnant ou âge d’or, le bon, l’accompli, l’âge de vérité.
  • krodha: la colère, qui parce que c'est une passion, est masculin en sanskrit, comme kāma et rāga mais pas icchā.
  • kshama: la patience, l'indulgence, la tolérance, le pardon.
  • kshara et kshetra: kshara est ce qui est périssable et par extension le corps. Kshetra est la propriété terrienne, le champ. Pour l'âme incarnée (jīva) le champ d'investigation est le corps et ses sensations; en conséquence elle est appelée kshetra-jña.
  • kshatra: le pouvoir, la domination, le gouvernement. En fait les trois mots kṣara, kṣaetra et kṣara ont pour origine la même racine verba kṣi. Selon le mode de conjugaison (1er ou 2ème groupe) il veut dire posséder, gouverner (kshayati) ou bien résider (kshiyati). Un kshatriya est donc une personne qui détient le pouvoir et gouverne la terre. Mais ce n'est pas simplement un proprétaire terrien car un vaishya possède aussi une propriété qui peut être une terre agricole ou un commerce. Un kshatriya a les qualités requises pour règner sur les hommes.        
  • Kurukshetra: le champ des Kurus sur lequel le roi Kuru fit un grand sacrifice, où Rāma Parishama (Parashurāma) extermina les kshatriyas une première fois et où eurent lieu bien d'autres événements majeurs dans l'histoire des Bhāratas avant de devenir le champ de bataille des Kauravas et Pāndavas. C'est une ville aujourd'hui dans l'Etat d'Hariyānā.
  • kundala: la boucle d’oreille.
  • kusha: herbe des prairies coupante et incitant au discernement, donc propice pour s’en faire un tapis de méditation ou une litière.
  • Lankā: nom de l’île des rākshasas et de sa capitale. Ceylan est le nom français de l'île. Les Cinghalais (nom issu de sinha, le lion), originaires de l'Assam, émigrèrent quelques siècles plus tard et ne se sentent pas concernés.
  • mahāratha: un guerrier de haut rang monté sur un char.
  • mahāt (ou mahān): l'intelligence cosmique. Dans le Vishnu Purāna (1-2.33) elle est définie comme l'inégale distribution des gunas (gunāsamyat) dans Prakriti, i.e. l'ordre cosmique inspiré par Bhagavān en elle.   
  • mahātma (ou mahātman): grande âme, i.e. celui dont l'ātma s'affirme suffisamment pour contrôler l'ahamkāra.
  • Mainaka: la montagne entre Inde et Lanka où s'arrêta Hanumān. Elle avait conservé ses ailes et se cachait d'Indra.
  • makara: animal mythique dont la forme s'inspire principalement du crocodile des estuaires, avec une trompe d'éléphant. Il ornait souvent les pendants d'oreilles.
  • Malaya: la montagne surplombant la ville de Kishkindhā, où médita Rāma.
  • manas: le sixième sens, celui qui gère les cinq autres, centre de la raison mais aussi des désirs et des décisions Le sens, le mental et l'intelligence sont les trois instruments du désir (Gītā)
  • Mānasa sarovara: le lac Mānasa, situé au Tibet, à faible distance au sud du mont Kailāsa, près des frontières avec le Népal et l'Uttarkhand. C'est le lac des pensées, celui au bord duquel Nārāyana et Nara, Krishna, Indra et autres firent des sacrifices. La rivière Sindhu (Indus), son affluent la Sutlej, le Brahmaputra et la Karnali, affluent du Gange, prennent leur source à proximité.
  • Mandara: la montagne qui servit de baratte aux dieux et asuras pour confectionner l'amrita.
  • maṇḍala: avant de devenir le cercle magique qu'on couvre d'incantations et de symboles, le maṇḍala était aux temps védiques le cercle, l'orbe, l'aura, auréole autour du soleil , de la lune ou de la tête des divinités et les ornant (le verbe maṇḍ signifie orner). Ce sont les buddhistes puis les tantristes qui en firent un objet de rituel représentant une maison avec des chambres, un corridor d'accès appelé vīthī et des portes aux points cardinaux. Il a la forme du disque terrestre dans les purānas et on lui superpose souvent un lotus dans les textes (voir en particulier les sections 310-340 de l'Agni Purāna, spécialisées dans les rituels occultes, vaudous et autre sortilèges). La maison est celle d'une divinité dont on recherche l'appui, les chambres sont les manifestations partielles de celle-ci et dans chacune on trace un bīja (onomatopée pour un mantra). L'hindouisme étant par essence syncrétique, la tradition est restée de tracer des maṇḍalas pour les sacrifices dans les villages.         
  • māyā: le pouvoir divin de création et par extension le pouvoir d'illusion des devas et asuras.
  • Mithilā: ville du roi Janaka au sud du Népal actuel.
  • mlech ou mlecchas: les barbares anāryas.
  • moksha: du verbe moksh (vouloir se libérer, se détacher, rejeter), qui présente une nuance active par rapport à muc (libérer, participe passé mukta, dont dérive mukti, libération). Moksha est la quatrième des aspirations humaines avec artha, kāma et dharma. Elle est la délivrance des renaissances (samsāra). Celui qui est libéré atteint le Brahma-nirvāna (de nis-vā: souffle écarté, parti), qui n'est pas l'anéantissement mais un état de béatitude (ananda) du Brahma-bhuta- cf Gītā section 5 shlokas 24-26.
  • mudrā: le signe, le geste, à distinguer du symbole (lingam) qui est aussi un signe de reconnaissance. En fait les mudrās exécutés principalement avec les mains, accessoirement la tête et par la position assise (āsana) sont des pratiques d'hatha-yoga et des symboles magiques symbolisant une activité de Ṡakti dans le culte tantrique, une activité du Buddha dans le culte buddhique. On en parle donc peu, dans le sens général de geste, dans les textes védiques. Nombre d'entre eux sont des gestes instinctifs tel que: l'abhaya mudrā (posture sans peur) qui consiste à imposer une paume ouverte avec les doigts pointant vers le haut, de la main maîtresse (droite généralement), pour inciter à l'apaisement et manifester son autorité; le dhyāna mudrā (posture de méditation) exprimant la détente en superposant ses mains ouvertes à l'horizontale (une variante des mains croisées sur le ventre de celui qui se sent sûr de lui); le cin mudrā (posture de recherche) consistant à joindre les extrémités du pouce et de l'indexe dans un signe d'union (le yoga) et à laisser détendus les trois autres doigts symbolisant les gunas.
  • nādī: ce sont les canaux par lesquels circulent les fluides dans le corps selon la théorie individualiste du yoga (yoga sutras de Patanjali, hatha-yoga). Le principal canal est suşumna, que le śandikya upanishad décrit ainsi (4-8): "situé à l'arrère de l'anus, lié à la colonne vertébrale et s'étendant jusqu'à l'ouverture dans la calotte cranienne, il imprègne tout", c'est donc la moelle épinière.  Il est aussi souvent question de l'īda et du pingalā concernant le contrôle du passage du souffle vital entre le chakra situé au niveau du nombril et les narines.  
  • nāga: membre de l'élite de la tribu des serpents, le cobra ou naja. Les plus éminents des nāgas sont leur roi Vasuki et Shesha, appelé aussi Ananta.
  • nama: mot qu'il suffit de répéter suivi du nom de Celui que l'on vénère, lorsqu'on manque d'éloquence: Om nama Shiva, Om nama Rāma, Om nama Krishna. Il signifie: "Je me prosterne à tes pieds en signe d'obéissance."
  • nanda: un des mots exprimant la joie, le plaisir, dont dérivent Nandi - l'heureux - un des nombreux noms de Vishnu; Nandaka - l'épée de Vishnu; Nandu et Nandinī - deux membres célèbres de la tribu des bovins.   
  • nivritti: l'aspiration à la délivrance de l'activité, une des deux voies de la religion, celle qui implique de renoncer à l'ego. Voir pravritti.
  • nyāsa: procédé de méditation consistant à placer des noms de divinités sur des parties du corps identifié à celui du Virat (voir par exemple sections 26 et 36 du Gar. Pur. Ac. Kh.) 
  • Pampā: nom d’un lac et d’une forêt dans le Rāmāyana.
  • Pānchajanya: la conque de Vishnu. 
  • Pātāla: la cité des nāgas dans le monde souterrain.
  • pattra: plume, feuille, pétale, toute chose volant au vent au bout d'une tige, feuille de papier. kamala pattra est le pétale de lotus auquel ressemblent les yeux de Krishna. 
  • pāda: un pied en général et dans un vers une césure. Ce qui est intéressant est que par analogie avec les mamifères qui sont pour la plupart quadrupèdes, il y a généralement 4 pādas dans un vers. Chacun de ces pādas se compose de groupes de syllabes (2 ou 3) appelés gaṇas. C'est le rythme des ganas qui constitue le mêtre (chanda).  
  • Pināka: à l'origine un bâton ou un arc, le mot en est venu à désigner uniquement l'arc de Shiva et son trident (bâton à trois dents).
  • pinda: offrande aux pitris sous la forme d'une balle de riz.
  • pippala (pipal): l'arbre de la famille des ficus qualifié à juste titre de religiosa car on le trouve devant chaque temple et, où qu'il pousse par ailleurs, on trouvera à son pied une idole ou amulette. Son port est droit, ses branches dressées le ciel et ses feuilles en forme de cœurs.    
  • pishācha: un fils de Krodha, la Colère. C'est une autre dénomination des rākshasas, faisant allusion à leur goût pour la chair fraîche.
  • pitris: les défunts, auxquels il convient de rendre hommage et faire des offrandes (shrāddha, pinda).
  • prādesha: pays, mot ayant donné pradesh en hindi et entrant dans le nom de plusieurs Etats de la fédération de l'Inde. Le Madhya Pradesh est l'état du milieu, l'Uttar Pradesh celui du nord, l'Himāchal Pradesh celui du manteau de neige, l'Andhra Pradesh le pays des Andhras. Tous ces noms proviennent directement du sanskrit. 
  • Prakṛiti: Il est d'usage de traduire Prakriti par Nature. Plus précisément dans la cosmologie de la création elle est la Nature au stade indifférenciée, la matrice fécondée par le Purusha avec les gunas, qui tels des gènes lui donnent forme. Mais au sens littéral pra-kriti est la réalité, l'effectif. Prakriti est le monde concret des actions, le champ d'activité de la personne.  
  • prāṇa: le souffle de la vie, l'énergie qui agite l'ākāsha (l'éther) ou l'avyakta (l'atome indifférencié de Prakṛiti) et lui confère la vibration. Le mot prāna est souvent employé au sens de respiration sans préciser s'il s'agit de l'inspiration (pūraka) ou de l'expiration (recaka), alors qu'on devrait employer le mot prāṇa (de pra-an) pour l'inspiration qui fait avancer l'air dans le corps et apāṇa (apa-an) pour ce qui fait sortir l'air. Mais le concept de souffle vital fut ensuite étendu à d'autres fluides corporels que l'air, y compris les calories, les décharges électriques dans le système nerveux et même l'ātma. On en vint à parler des cinq prānas: prāna, apāna, samāna, vyāna et udāna (voir upanishads praśna section 3, śandilya section 4), samāna, udāna. Udāna est le souffle vital supérieur irriguant le cerveau qui conduit l'âme hors du corps, c'est udāna qui propage la lumière, l'énergie tejā. Le souffle inférieur apāna est celui de la terre, de la reproduction, de la matière. Le souffle médian samāna est celui d'akasha, qui pénètre partout (pervase, permée), qui distribue l'énergie et égalise sa distribution. Le souffle dispersif (vyāna) est celui qui éparpille les sensations dans d'innombrables canaux nerveux) Le prāna-yama est le contrôle du souffle vital. Les sages raisonnant souvent par analogie, on peut voir dans l'inspiration un "remplissage du pot du corps" et le comparer à celui de la mémoire par l'étude. Réciproquement  l'expiration est comparable à une excrétion, voire à un rejet d'une connaissance indigeste. La rétention de la respiration se dit kumbhaka: stabiliser le pot du corps. Faut-il y voir une image pour la méditation?  
  • pranam, salut respectueux et obéissant, terme utilisé en particulier envers Krishna par Arjuna dans le Gītā shloka 11 - 14 mais s'appliquant aussi à un aîné. 
  • prasāda: grâce, faveur ou miséricorde divine. C'est aussi le nom que l'on donne à la nourriture sanctifiée que redistribue le prêtre après qu'elle ait été offerte aux dieux.
  • pravṛitti: la volonté d'agir (du verbe vrit -voir plus loin- suivre une direction, un cycle). Agir implique d'avoir conscience de soi-même en tant qu'individu (l'ego), donc pravṛitti est l'engagement dans l'activité pour servir les intérêts personnels. C'est donc aussi faire le choix de renaître pour poursuivre le cycle de la vie (samsara). Ce choix est légitime et constitue une des deux voies de la religion, celle de l'activité conforme au devoir (dharma). En ce sens on dit que pravṛitti est la voie des dieux. Mais on dit aussi que les dieux président aux sens. Pravṛitti n'est-il pas ce péché originel dont parle la Bible?   
  • pūjā: vénération et, au sens plus limité, une prière avec des offrandes.
  • Purāna: littéralement une histoire ancienne. Ce sont des œuvres volumineuses qui ont pour fil conducteur des histoires se rapportant à une divinité et se fixent pour objectif de parler à la fois de la création, de l'ordre cosmique, de l'histoire de l'univers, de l'origine des rites, de philosophie, de sciences…
  • puruṣa: mot dérivé de la racine verbale pṛī signifiant emplir (comme l'air emplit un récipient et l'âme emplit le corps), donc la personne et symboliquement l'homme. Le puruṣa est la personne qui a choisi d'agir (pravritti) en se mariant à la réalité (prakṛiti) et le Puruṣottama est la Personne Suprême qui emplit la Nature (Prakṛiti) lui servant à s'exprimer. Le mot puruṣa a une consonance plus spirituelle que nara, qui lui désigne spécifiquement la créature de l'espèce humaine (à priori masculine dans toute société ancienne). En atteste nara-siṇha qui associe les caractéristiques physiques de l'être humain et du lion dans le 4ème avatara de Vishnu, ainsi que les mots pauruṣan nreṣu dans la Gītā exprimant l'aptitude à la spiritualité dans l'espèce humaine. Symboliquement la personne a forme humaine parce que c'est son expression la plus achevée sur terre et le Virat, Purushottama ou Narottama s'exprime dans la société humaine. Les membres de cette société se répartissent comme suit: les brāhmanas sont sa bouche, les kshatriyas ses bras, les vaisyas son ventre et les śudras ses pieds. Shiva est sa tête et Vishnu ses jambes dit-on aussi car Shiva médite et Vishnu agit. Mais par extension d'usage pauruṣa est tout ce qui fait d'un homme un homme et les machos pensent immédiatement à leur virilité. Dans le matsya purana chapitre 221 paurusha est l'effort, la persévérance, la qualité de la personne qui agit.
  • Puṣpaka: nom du char aerien de Kubera, qui signifie "le fleuri". Il lui fut dérobé par son demi-frère Rāvana et servit à enlever Sītā. Rāma le rendit à Kubera.  
  • rāja: un roi, né sous l'étoile de l'action et de la passion (i.e. du guņa rajas). Le Rājasthān est le lieu de séjour des rājas.
  • rājasūya: sacrifice du suzerain.
  • rākshasa: celui qui a le sortilège dans sa nature, ogre né sous l'étoile du tamas. Le nom est aussi orthographié rakshasā lorsque c'est une femme ou rākshasā, et même parfois rakshasa. Les soldats mlecchas servant de gardes dans les palais étaient appelés rākshasas.
  • Rasātala: le monde souterrain.
  • ratha: un char et par extension un guerrier sur char, aussi appelé rathin.
  • rishi: sage possédant la connaissance transcendantale, i.e. les Vedas.
  • Rishyamūka: nom d’une colline dans le Rāmāyana où séjournent Sugrīva et Hanumān.
  • sala: arbre à feuilles caduques communément répandu dans toutes les forêts du nord du sous-continent indien, servant de référence pour la grande taille d’un héros ou de ses bras.
  • samatā: l'impartialité, "l'équanimité" face aux circonstances
  • sāmkhya ou sānkhya: formé du verbe khya pour faire connaître et du préfixe sam, ce qui rassemble, le mot sāmkhya est au sens originel l'énumération, la discrimination et par extension l'analyse logique. On l'emploie souvent au sens restreint d'analyse logique des principes du cosmos tels qu'ils ont été enseignés par Nārada, le sage divin né de Brahmā, aux fils de Daksha.
  • samsāra: cycle des renaissances.
  • samshaptakas: ceux qui ont fait un vœu ensemble, en l'occurence dans le Mahābhārata celui de ne jamais fuir face à Arjuna et de le tuer.
  • shali: le riz.
  • shataghnī: sorte d’arme à pointes. Les plus petites étaient des masses cloutées et les grandes des troncs d’arbre armés de pointes que l’on jetait du haut des remparts.
  • shrāddha: c'est la foi, la fidélité et aussi le nom du rituel de fidélité envers ses ancètres que tout un chacun se doit d'accomplir pour les satisfaire et obtenir leurs bonnes grâces. Le rituel consiste en une offrande sous la forme d'eau et d'un gateau de riz appelé piņḍa, qu'il convient de faire à des heures et des dates appropriées. Gayā (ville de l'Etat du Bihar) est un lieu approprié où se rendre pour honorer ses ancètres.
  • shruti: ce qui a été dit dans les Vedas.
  • sādhya: ce sont les 4 fils de Dharma ou Brahmā selon le Purāna auqeul on se réfère, qui s'appellent Sanatkumāra, Sanātana, Sanaka, Sanadana.
  • siddha: un être accompli, divin, saint, mais qui n'a pas fait abstraction de son ahamkāra car sinon il ne serait plus dans cet univers où l'on manifeste son existence par l'action.
  • smriti: ce qui a été dit par les sages, à distinguer du shruti. Souvent les smritis sont des codes de culte.
  • soma: boisson enivrante à base du jus d'une plante et de lait, qui a l'origine était consommée uniquement au cours de rituels et dont dit-on Shiva et Indra sont friands. On peut le comparer à l'ambroisie des dieux grecs, mais il ne faut pas le confondre avec l'élixir de vie (amrita). La recette du soma ne s'est pas tout à fait perdue dans les villages.
  • Sudarshana: le disque (chakra) de Vishnu. 
  • sūta: l’aurige qui occupe aussi les fonctions de palefrenier, confident du kshatriya et de son cuisinier (pour la cuisson des viandes que seul le kshatriya est habilité à consommer pour satisfaire sa nature rajasa). Traditionnellement c'était la tâche réservée au fils d'une femme brāhmani par un kshatriya (donc le produit d'un mélange des castes –varṇasaṁkara - souvent sujet au mépris). Néanmoins c'était aussi souvent lui qui racontait des histoires à la veillée: les kshatriyas comme Yudhishthira adoraient celà.  
  • sūtra: le brin, le cordon, le maillon (du verbe siv: coudre) des Vedas et de toutes les compilations de règles établies par la suite, dont celles de grammaire sanskrite par Pānini. Typiquement un sūtra est un aphorisme hermétique par sa concision et difficile à comprendre pour un non initié. Les plus célèbres sont les Brahmā sutre, aussi appelés Vedānta sutre, qui ont donné lieu à deux interprétations par des philosophes du moyen-âge nommés Shankarācarya (650-700 AD) et Rāmānuja (1000-1050 AD). Chacun peut en tirer sujet de réflexion personnelle en analysant bien les termes et leur contexte, soit dans l'optique advaitiste de Shankaracarya soit dan l'optique dévotionelle de Rāmānuja, ou mieux encore en combinant les deux.   
  • sruti, śruti et smṛiti: en liaison directe avec le précédent bien que ne dérivant pas de la même racien verbale, une sruti est au sens propre un flot (du verbe sru: couler) et au figuré une ligne d'écriture se raportan taux textes védiques. Une śruti (du verbe śru: entendre) est une parole entendue et pour tout Hindu cela implique qu'elle a été prononcée par le Seigneur Lui-même: une śruti est une parole des Vedas. Une smṛiti est une pensée remémorée (du verbe smṛi: se souvenir) et par opposition à la śruti il s'agit d'une pensée qu'ont eu les anciens sages et qui a été insérée dans un texte exposant la tradition (le parampara), tel qu'un Purāna par exemple.
  • śastra: on a aussi tendance à confondre les sruti, śruti et smṛiti avec les śastas, partant du principe que les textes sacrés énoncen tdes commandements. Un śastra (masculin) est un outil coupant tel qu'une épée (du vebe śas: couper, tuer) et au sens figuré un outil pour punir et par extension un śāstra (neutre) est une loi. Les Manu-smṛiti qui compilent toutes les règles du droit civil et pénal hindu depuis 2500 ans énoncent des śāstras mais aussi leur fondement.      
  • svayamvara: le libre choix d'un époux.
  • svāhā, svadhā: svāhā signifie c'est bon, c'est bien! quelle chance! svadhā est ce qui est bien placé ou sa propre portion. On prononce le mantra svāhā en faisant des libations de beurre clarifié dans le feu pour les dieux et le mantra svadhā en faisant une offrande aux ancêtres. 
  • tala: un palmier de l'espèce borasus flabellifer.
  • tapas: l'austérité physique, orale et mentale, nécessaire à la concentration de l'esprit sur ce qui importe. Elle comprend l'ascèse physique et la récitation de textes sacrés, sans oublier les règles de base du dharma. Le mot tapas est souvent traduit par pénitence, bien qu'il ne soit pas question de s'auto-punir d'une quelconque faute, sans doute parce qu'au sens littéral c'est un feu intérieur qui consume. Le mot dérivé tāpa désigne la chaleur, l'éclat mais aussi la fièvre et la peine. La définition fondamentale de tapas est donnée dans le Bhagavad Gītā section 17, shlokas 14-19. Vyāsa la définit comme la volonté de détacher l'esprit des objets des sens.
  • tanmātra: "une quantité de cela", mātra étant l'unité de mesure dans tous les domaines et en particulier du temps. Ce qu'on appelle les tan-mātra sont les cinq éléments subtils des choses sensibles: le son, le toucher, la lumière, le goût et  l'odeur. Les cinq éléments (maha-bhūta) sont leurs manifestations matérielles, déjà teintés d'une certaine complexité car chacun a une qualité supplémentaire par rapport à celui qui le précède dans la création. Le premier mahabhūta est l'espace (l'unité d'extension qui ne véhicule que le son), le second l'air gazeux qui est capable de véhiculer la sensation de contact mais aussi les sons, le troisième le feu qui véhicule lumière et forme (aspect) mais aussi les deux précédents, le quatrième l'eau, le liquide, qui véhicule le goût, le cinquième la terre, le solide, qui véhicule l'odeur mais qui a aussi un gôut, une chaleur, une consistence et un volume.  L'idée de tanmātra n'est pas un pur formalisme: elle exprime que notre mental conçoit un objet aussi simple que la terre ou l'eau au travers de cinq sensations à la fois. L'eau n'est pas seulement un liquide, elle fait un bruit apaisant en s'écoulant, elle rafraichit, elle étanche la soif et purifie le sens du goût… Le réel n'existe pas en soi mais par la perception qu'on en a.  Chaque sens lui confère une dimension et le mental en fait la synthèse; respectivement pour une personne née aveugle ou sourde l'univers a une dimension de moins. 
  • tattva et satya: Tat-tva est littéralement l'état de (tva) Cela (Tat: le Brahman), l'état vrai; l'expression "l'ordre des choses" exprime plus ou moins l'idée de tat-tva. Le mot est utilisé pour "ce qui est vrai par essence", parce que cela ne sera pas invalidé par un changement demain, donc l'état spirituel, l'état absolu par opposition à l'état de devenir dans le réel. Mais il est aussi employé pour désigner les éléments (mahabhuta) voire même les tanmātras dont ils sont issus. Satya est ce qui se rapporte à ce qui existe (sat), donc ce qui se rapporte à ce qui est vrai par nature, le tat-tva. Satya est la Vérité tandis que Tattva est le Vrai en tant que tel.  
  • tīrtha: à l'origine le mot signifiait un accès à l'eau. Il en est venu à désigner uniquement celui à une eau pure, sainte, un lieu propice pour un bain rituel et un sacrifice. Ce peut être entre autres un ghat sur une rivière sacrée telle que Gangā ou Sarasvatī. Mais en sanskrit le mot ghata désignait le pot en terre que les femmes allaient remplir au point d'eau.
  • tomara: la lance.
  • tretā: l’âge numéro trois, l’âge d’argent, celui de la causalité.
  • Tripura: les trois villes construites par les fils du Daitya Tāraka. "Maya, cet autre Daitya à la grande intelligence, construisit pour eux trois cités dont l'une était faite d'or, l'autre d'argent et la troisième de fer noir. La cité d'or fut placée dans l'éther, la cité d'argent dans le ciel et la cité de fer sur la terre" (les trois sphères Sva, Bhuva et Bhū respectivement – texte de la section 33 du Karna Parva). Elles ne se rencontraient qu'un fois tous les mille ans et, à cette occasion, uniquement Shiva pouvait les détruire avec une seule flèche. En fait le Garuda Purāna (Ac. Kh. 236.4) donne une interprétation intéressante du mythe de Tripura: ce seraient  les trois états dans lesquels s'égare la conscience, à  savoir l'éveil (jagrat), le rêve (svapna) et le sommeil profond (suśupta). C'est assez fin car ce qu'on appelle la nescience est le lieu de résidence des démons. D'autre part l'éveil est terrestre: on dit qu'on a les pieds sur terre quand vit dans le réel. On dit aussi qu'on a la tête dans les nuages quand on rêve. L'état de conscience pure est appelé turīya (pour caturiya: le quatrième): en bref c'est celui dans lequel on est conscient de l'ātman. La question est amplement discutée dans de nombreux Upanishads: praśna 4, brihad 2-1, brihad 3-2, brihad 4-3 et 4-4, brahmo 20-23, kaushika 4-19 et 4-20, parabrahma 2. …    
  • tyāga: le renoncement à la causalité.
  • Upanishads: ce sont des textes généralement courts, rédigés en vers, et d'ordre spirituel posant souvent une question d'apparence simple telle que "Qui a fait tout cela? Qui est Dieu? Qui sommes nous? Qu'est-ce que la mort? Que signifie Om?" La réponse est naturellement exprimée en termes imagés pour susciter la réflexion personnelle. Les principaux sont au nombre d'une douzaine et leur nombre total est cent huit (11*12), les deux nombres étant de bon augure. Le Bhagavad Gītā est considéré comme l'un d'entre eux: le Gīto-Upanishad.
  • varṇa: (mot masculin issu du verbe vṛi ou de son corolaire le verbe varṇ -voir entrée vṛi ci-après ) est ce qui désigne, décrit, donc  la couleur mais aussi la lettre. Au sens figuré cette couleur est la caste. D'après les Vedas, cette spécificité de tout membre de la société humaine correspond à la partie du corps du Virāt à laquelle cette créature matérielle appartient, ce qui fait qu'elle est particulièrement dotée d'une des trois qualités (guņa) de toute entité matérielle (Gītā shloka 18-41). En fait elles sont au nombre de quatre et leur orthographe correcte est brāhmaņa, kṣatriya, viśa et śūdra. Tandis que le brāhmaņa a un comportement sattvika (pur, vertueux, spirituel) et qu'il est apaisé, maître de lui-même, tolérant, bienveillant, sage (shloka 18-42 de la Gītā) le kśatriya est rajasa (porté à agir, individaliste et passionné) mais aussi généreux et héroïque, le śūdra est tamasa (ignorant, matériel, passif) et le viśa est en partie actif et ignorant.  Au sens propre de lettre, le mot varna a souvent le sens restreint de consonne tandis que la voyelle est appelée svara. Svara est aussi la note de musique ( sa re ga ma pa dha ni), elle sonne, résonne, tandis que la consonne lui donne une forme, donc la rend plus spécifique. Svara résulte de la forme des lèvres et des cordes vocales sur le passage de l'air qui est expiré pour parler et varna est défini par la position de la langue.
  • vṛi et vṛit: deux racines verbales chargées de sens. Le verbe vṛi est employé dans les deux sens de couvrir et de choisir (avec la même conjugaison), qui ont un rapport certain si on songe au geste puéril de couvrir avec ses bras ce qu'on cherche à s'approprier. Il donne entre autres: vara au sens de ce qui enveloppe, Varuṇa Celui enveloppant tout, ainsi que varṇa ce qui couvre le corps et par extension l'apparence, la couleur; mais aussi Vṛitra le nom du démon des nuées sombres qui couvrent le ciel. Dans le sens de choisir il donne vara celui qui choisit (le marié) et varenya ce qui est digne de choix ("tat savitur varenyam"). Le verbe vṛit signifie tourner autour et par association d'idée s'engager dans un mouvement, le principal étant la vie. vṛit donne: varta le lieu de résidence le territoire; vṛitta le cycle de la vie, le mode de vie, la transformation;; pravṛitti poursuivre le mouvement des naissances, l'engagement dans la vie active et nivṛitti refuser cet engagement, mettre un terme au cycle. Mais le mot  vratam signifiant le service, la conduite, la manière de vivre, la pratique, et par extension le vœu à titre d'austérité ou de pénitence, bien que représentant un engagement, a pour origine la racine vṛi: c'est le choix de celui qu'on sert..       
  • Vedas: Etymologiquement rig est associé au concept de louange, yajur au sacrifice et sāma au chant. Il est d'usage de les différencier en fonction du prêtre qui les prononce au cours des sacrifices, les sections du Rig Vedas étant prononcées par l'officiant principal qui verse les offrandes dans le feu et celles du Sāma Veda étant chantées par l'udgātr (udgītha est le son qui va vers le haut, la syllabe Aum comme l'explique le Chāndogya Upanishad). Le Yajur Veda contient des textes récités lors de rituels spécifiques et qui ne sont pas directement des invocations. Selon certains, les trois Vedas principaux contiennent les mêmes mantras dans un ordre différent et avec différents accents de prononciation, choisis pour sufférer une interprétation plus précise. Il est clair que l'usage de mots pour exprimer ce dont on est conscient est en soi un mensonge, une trahison du mental (de nature matérielle) dans son expression de l'idée conçue par la personne intelligente. L'auditeur l'interprète lui aussi en fonction de son caractère, i.e. de sa forme d'intelligence, et de l'intonation de celui qui a prononcé ces mots. Selon d'autres personnes chacun des Vedas se compose de ces hymnes ou mantras, ainsi que de textes philosophiques appelés Upanishads et de courts préceptes (expliquant les mantras) appelés Brahmanas. Le Kena et le Chāndogya Upanishad font partie du Sāma Veda, l'Ishā, le Taittirīya et le Brihadāranyaka du Yajur Veda et l'Aitareya du Rig Veda. A ces trois Vedas "éternels", en cela qu'ils sont révélés par la Divinité Suprême à Brahmā, il faut ajouter l'Atharva Veda composé par le rishi Angiras, qui traite de sujets indépendants des trois autres et sans rapport avec les sacrifices.
  • vīņa: instrument de musique à cordes pincées dont l’arc est l’ancêtre.
  • Vindhya: la montagne qui voulait être plus haute que le mont Meru, ramenée à la raison par le sage Agastya. Elle a donné son nom à une chaîne située entre la plaine Gangétique et la rivière Narmada.
  • vyāhṛiti: parole, déclaration, nom prononcé comme une déclaration de foi en le faisant précéder de l'akshara Aum. Les sept vyāhṛitis sont les noms des sphères spirituelles: bhūḥ, bhuvaḥ, svaḥ, mahaḥ, janaḥ, tapaḥ, satyam. Les trois premières sont la terre, l'atmosphère et les cieux ou dans un sens plus abstrait la matérialité, l'énergie et la spiritualité. Mahah est le pouvoir, la gloire, la grandeur. Janah est la naissance, la race. Tapah est la chaleur, l'austérité. Satyam est la vérité, ce qui contient ce qui existe.       
  • yaksha: créature semi-divine caractérisée par la propension à jouir ou manger, au service de Kubera. Pour l'origine des yakshas , rākshasas, et du mot malin lire l'histoire savoureuse racontée apr Agastya à Rāma dans l'Uttar-kānda. 
  • yajna: sacrifice (du verbe yaj) consistant en n'importe quelle activité exécutée au bénéfice du Brahman. La Gītā fait la distinction entre le vrai sacrifice (sattvika) fait sans rechercher à en tirer un bénéfice personnel, le sacrifice égoïste (rajasa) et le sacrifice exécuté dans l'ignorance des règles ou pour attirer le malheur sur autrui (tamasa). Dans un sacrifice védique autour d'un feu il y a généralement trois officiants: le Brahman qui préside, le hotṛi qui procède effectivement aux offrandes dans le feu et l'udgātṛi qui chante les hymnes du Sama Veda. L'adhvaryu qui effectue les préparatifs ne participe pas directement à la cérémonie.      
  • yoga: ayant  pour racine yuj (atteler, joindre), le yoga est l'attelage et au sens spirituel l'union avec une nuance d'asujetissement semblable à celle du bœuf attelé au chariot. Le yoga est la connexion entre l'ātman et Dieu -le  Paramātman et le Maître du yoga - et par extension le chemin qui conduit à la communion avec Dieu. Du point de vue comportemental, selon la nature de l'individu, il existe plusieurs aspects ou étapes du yoga, dont les principaux sont le karma-yoga, le jnāna-yoga, le dhyāna-yoga (ou rāja-yoga) et le bhakti-yoga. Du point de vue technique les huits membres (ańga) du yoga sont yama, niyama, āsana, praṇāyāma, pratyāhāra, dhāraṇa, dhyāna et samādhi. Le contrôle corporel (yama) est ce que Krishna appelle sharira tapas dans la Gītā. La posture (āsana) et le contrôle de la respiration (pranāyāma) sont des préliminaires à la concentration (dhāraṇa). Pratyāhāra est l'abstraction au sens propre de déconnecter son esprit des sens et de leurs objets. Enfin samādhi est la transcendance consistant à se placer (ā-dhā) dans l'union (sam), i.e. dans l'unité indivisible du Brahman. En tout état de cause, même si une étape du rāja-yoga consiste à se concentrer sur des parties du corps et une technique de méditation à assigner des noms de divinités à ces parties du corps (nyāsa), le yoga n'est pas la "communion du mental avec le corps" comme on l'entend trop souvent aujourd'hui: le mental est corporel et s'il n'est pas en état de yoga permanent avec le corps c'est un disfonctionnement de sa part car c'est sa tâche principale.        
  • yojana: unité de distance correspondant à celle parcourue d'une traite par un cheval sans dételer, soit environ 15 km.
  • yugas: les âges de la création qui dans l’ordre de succession sont krita, tretā, dvāpara et kali. Un caturyuga ou mahā-yuga dure 12000 années divines (4000+3000++2000+1000+ 4  intervalles sandhyā durant 500 ans) et une journée divine dure un an humain (6 mois pour le  jour et 6 mois pour la nuit). Le kali yuga dure 432 000 ans, le dvāpara deux fois plus et ainsi de suite, faisant qu'un mahā-yuga, qui est la somme des quatre, dure 4320 000 ans. La journée de Brahmā (kalpa) dure 1000 caturyuga, soit  4,32 milliards d'années humaines et au cours de chacune il y a 14 Manu. La transition difficile à concevoir entre les mahā-yugas est racontée dans le Matsya Purana chapitre 144.
  • nombres propices: Trois est le nombre des gunas, des sphères invoquées dans la Gāyatrī, des "rôles" endossés par Nārāyana dans le monde matériel qu'il a créé (Brahmā, Vishnu et Shiva), des lettres de l'udgita, des rivières se rejoignant au sangam... Trois en un: le nombre de l'advaita. Dix-huit est le nombre des chants du Bhagavad Gītā, de parvas dans le Mahābhārata, de Mahā-Pūrānas, de jours de bataille à Kurukshetra. C'est une marque de complétude, un multiple de trois et de six comme le nombre d'Adityas (12), le nombre de composants de Prakritī (24)., le nombre de noms de Shiva (108=6*18). D'autres nombres impairs premiers sont aussi propices: 5 est le nombre des délices divins (pancamrita) et des dons de la vache pancagavya); 7 est le nombre des continents et des oceans, des spheres superieures (bhuh bhuvah svah mahah jana tapas satya) et inferieures (atala vitala sutala talātala mahātala rasātala pātāla).