Mahābhārata Livre 7 - Drona Parva
Le repos des chevaux
Sections XCVIII Le repos des chevaux

Connaissant le voeu d'Arjuna, Jayadratha est resté en arrière, protégé comme le suspectait Krishna par toute l'armée des Kurus. Commence alors la plus longue journée de cette guerre, dont le récit dure près de 100 sections. Comme son fils la veille, Arjuna pénétra dans l'armée ennemie dont les rangs se refermèrent derrière lui. Il infligea une défaite à Dushasana, à la tête d'une division d'éléphants, puis combattit Drona et ensuite Kritavarman, le roi des Bhojas. Cependant Krishna lui recommanda d'abandonner ces deux combats pour mener à bien la tâche qu'ils s'était fixée: il les laissa "à sa droite" (sections XC et XCI). Puis il rencontra le roi Shutrayudha et Sudakshina, prince Kamboja, qu'il tua tous deux, ainsi que Shrutayus et Achyutayus (XCII) et de nombreuses tribus de mlecchas habitant dans les montagnes. Derrière lui, Drona à la tête de l'armée Kaurava résistait à l'assaut des Panchalas, Vrishnis et Pandavas menés par Dhrishtadyumna. Celui-ci fut sauvé de justesse par Satyaki alors qu'il combattait corps à corps avec Drona sur son char (XCVI). Satyaki combattit brillamment Drona qui rendit hommage à sa prouesse (section XCVII). L'épisode qui suit se passe au début de l'après-midi, puisque Sanjaya précise dans les sections CV puis CXXIV qu'Arjuna finit par apercevoir Jayadratha dans l'après-midi. La lumière avait faibli principalement à cause du nuage de poussière soulevée par les troupes.
[Sanjaya] Alors que le soleil entamait sa course descendante et que l'ardeur de ses rayons était atténuée par un nuage de poussière, la lumière du jour faiblit. Certains des soldats s'arrêtèrent, d'autres continuèrent à combattre, d'autres encore y retournèrent dans l'espoir de la victoire. Tandis que les troupes étaient ainsi engagées, inspirées par l'espoir de victoire, Arjuna et Vasudeva continuaient à progresser vers l'endroit où se tenait le souverain des Sindhus. Le fils de Kunti, au moyen de ses flèches, se faisait un chemin suffisamment large pour son char et Janardana progressait le long de ce chemin. Par là où passait le char du fils de Pandu à la grande âme, tes troupes, O monarque, fléchissaient et laissaient le passage. Lui de la race de Dasharha qui est doté d'une grande énergie montrait son grand talent à conduire un char en diverses sortes de bifurcations. Les traits d'Arjuna, gravés à son nom, bien trempés et semblable au feu de la fin du Yuga, liés avec du boyau de chat (la pointe au manche) bien dans l'axe, (au manche) épais, à la longue portée, faits soit de bambou ou entièrement de fer, mortels, burent dans cette bataille ainsi que les oiseaux (de proie à l'affût des victimes) le sang des créatures. (Que voilà une phrase bien instructive et tricotée serrée, à la Vyasa!) Alors qu'Arjuna se tenait sur son char tirant ses flèches à trois kilomètres vers l'avant, ces flèches perçaient et envoyaient de vie à trépas l'ennemi juste au moment où le char arrivait sur les lieux. Hrishikesha progressait, porté par ces destriers portant le joug dotés de la vitesse de Garuda ou du vent, si vite que l'univers tout entier s'en étonnait. En vérité, O roi, le char de Surya lui-même, ou celui de Rudra ou de Vaishravana (ou d'Indra avec son attelage de mille chevaux) , n'ont jamais été aussi vite. Le char de nul autre n'avait jamais auparavant roulé à une telle vitesse que celui d'Arjuna dans cette bataille, se mouvant avec la célérité du désir formulé par l'esprit. Keshava, O roi, ce pourfendeur de héros hostiles, pressait les chevaux à travers les troupes. Arrivés au milieu de cette cohue de chars, ces excellents destriers portaient le char d'Arjuna avec difficulté, souffrant de la faim, de la soif et de leur labeur, blessés aussi par les armes de nombreux héros prenant du plaisir au combat. Cependant ils décrivaient de beaux cercles en se mouvant autour des corps des chevaux et hommes tués, des chars cassés et des corps des éléphants abattus, qui étaient des collines par milliers (à éviter). Pendant ce temps O roi, les deux héroïques frères d'Avanti (Vinda et Anuvinda originaires de la ville d'Avanti, aujourd'hui Ujain en Madhya Pradesh, qui combattant pour Duryodhana n'en étaient pas moins des Yadavas), à la tête de leurs troupes, constatant que les chevaux d'Arjuna étaient fatigués, l'affrontèrent. Emplis de joie, ils percèrent Arjuna de soixante et quatre flèches et Janardana de soixante et dix, et les quatre chevaux de cent. Arjuna, mis en colère et connaissant les parties vitales du corps, les frappa tous deux de neuf traits bien droits, dont chacun était capable de pénétrer jusqu'aux parties vitales. Sur ce, les deux frères emplis de rage couvrirent Vibhatsu et Keshava d'une douche de flèches tout en poussant des rugissements léonins. Partha aux destriers blancs, au moyen de deux flèches à tête large, coupa rapidement les beaux arcs des deux frères puis leurs étendards brillants comme l'or (avec deux autres flèches, tout du moins je l'espère). Vinda et Anuvinda prenant alors deux autres arcs et devenant exaspérés de rage, hachèrent le fils de Pandu avec leurs flèches. Dhananjaya, très en colère, coupa encore une fois les deux arcs de ses ennemis avec deux flèches et, avec quelques autres flèches affûtées sur la pierre et munies d'ailes en or, Arjuna tua leurs chevaux, leurs auriges et les deux guerriers qui protégeaient leurs arrières. Puis, avec une autre flèches à tête large et tranchante comme un rasoir, il coupa la tête du frère aîné, qui tomba à terre sans vie comme un arbre cassé par le vent. Le puissant Anuvinda à la grande prouesse, voyant Vinda tué, saisit une masse et quitta son char dépourvu de chevaux. Puis ce meilleur des guerriers, le frère de Vinda, semblant danser alors qu'il avançait la masse à la main, se prépara à venger la mort de son frère aîné. Empli de rage, Anuvinda frappa Vasudeva au front avec sa masse. Cependant ce dernier ne broncha pas et resta immobile comme la montagne Mainaka. (Le mont Mainaka, fils d'Himavat au coeur en or, se cachait au fond de l'océan d'Indra qui voulait lui couper les ailes. Il en sortit pour permettre à Hanuman de faire une halte alors qu'il faisait un bon au dessus de l'océan pour aller à Lanka.) Alors, avec six flèches, Arjuna lui coupa le cou, les deux jambes, les deux bras et la tête. Coupé en morceaux Anuvinda tomba comme autant de collines. Constatant qu'ils avaient été tous deux tués, ceux qui les suivaient déversèrent sur Arjuna des centaines de flèches. O taureau de la race de Bharata, alors qu'il les tuait Arjuna resplendissait comme un feu consumant une forêt à la fin de l'hiver. Passant "par dessus" ces troupes avec quelque difficulté, Dhananjaya brillait comme le soleil se levant (au dessus des montagnes ou comme le soleil) écartant les nuages qui le cachaient. (La phrase comprend deux métaphores que j'ai cru devoir compléter: comme le soleil on le voit briller après avoir franchit l'obstacle des troupes ou après l'avoir écarté.) A sa vue les Kauravas étaient emplis de frayeur mais, se reprenant bientôt, ils retrouvèrent leur entrain et se précipitèrent sur lui de tous côtés. Comprenant qu'il était fatigué et que le souverain des Sindhus était encore loin, ils l'entourèrent en poussant des rugissements. Arjuna, ce taureau parmi les hommes, en souriant dit à celui de la race de Dasharha aimablement: "Nos chevaux sont blessés et fatigués et le souverain des Sindhus est encore loin. Que pense tu que nous devrions faire maintenant? Dis moi franchement, O Krishna. Tu es toujours la plus sage des personnes, les yeux (la clairvoyance) grâce auxquels les Pandavas vaincront leurs ennemis. Ce qu'il me semble devoir être fait maintenant, je vais te le dire. Dételant les chevaux, enlevons leur ces flèches, O Madhava. Keshava lui répondit: "Je suis de la même opinion, O Partha." Arjuna dit alors: "Je vais tenir l'armée en respect, O Keshava. Fais ce qu'il convient (pour les chevaux)". Descendant de la plate-forme du char avec son arc Gandiva, Dhananjaya se tint sans peur immobile comme une montagne. Voyant qu Dhananjaya avit mis pied à terre et considérant cela comme une opportunité, les kshatriyas aspirant à la victoire se ruèrent vers lui en poussant de grands cris. Ils l'entourèrent, lui qui restait immobile, avec un grand nombre de chars, tendant tous leurs arcs et l'arrosant de flèches. Emplis de rage, ils mirent en oeuvre différents types d'armes et masquèrent complètement aux regards Partha avec leurs traits comme les nuages voilent le soleil. Les grands guerriers kshatriyas se ruèrent impétueusement contre celui qui était un taureau parmi eux et un lion parmi les hommes, comme des éléphants exaspérés sur un lion. Grande fut la démonstration de la puissance de ses bras que fit alors Partha puisque, tout seul, il réussit à résister à ces innombrables guerriers. Le puissant Partha, contrant les armes de ses ennemis, les couvrit tous d'une multitude de traits. En raison de cette dense nuée de flèches qui s'entrechoquaient, O monarque, un feu se déclara dans cette partie du firmament, émettant sans cesse des étincelles. En ce même lieu, en conséquence de ces innombrables héros hostiles, tous emplis de rage et tous de grands archers unis avec un même propos, celui de la victoire, et des chevaux qui les accompagnaient, couverts de sang et respirant fort, et des éléphants excités broyant les ennemis et poussant de grands cris, l'atmosphère devint extrêmement chaude. Je n'ai pas souvenir que Vyasa nous ait dit à que le période de l'année se passait la bataille. Mais dans l'Anushasana Parva (section CLXVII) Bhishma nous dit qu'il est resté 58 jours sur son lit de flèches, alors qu'il est sur le point de partir car le soleil a atteint l'équinoxe et va entamer sa course boréale. On peut en déduire que la bataille eut lieu en janvier. Un autre passage confirme qu'elle eut lieu en hiver en précisant que les jours étaient très court. A une autre saison l'atmosphère serait devenue infernale. Cet océan de chars sans limites et infranchissable, que rien n'aurait pu agiter, avait les flèches pour courant, les étendards pour tourbillons, les éléphants pour crocodiles, les fantassins en étaient les innombrables poissons, le beuglement des conques et les battements de tambours son rugissement, les chars ses vagues déferlantes, les casques des guerriers ses tortues, les parasols et bannières son écume et les corps des éléphants morts ses récifs. Partha, tel un continent, résista avec ses flèches à l'approche de l'océan. Alors, Janardana aux bras puissants, n'éprouvant nulle crainte, dit à son cher ami Arjuna, le meilleur des hommes: "O Arjuna, il n'y a pas de puit ici sur ce champ de bataille où les chevaux pourraient s'abreuver. Les chevaux réclament de l'eau pour boire, mais pas pour un bain." Ainsi adressé par Vasudeva, Arjuna dit gaiement: "en voilà un!" Disant cela, il perça la terre avec un trait et fit apparaître un excellent lac où les destriers pouvaient boire. Ce lac abondait en cygnes et canards et était orné de chakravakas (canard brahmin à dos roux dont les couples, à ce qu'en disent les textes anciens, se séparent pendant la nuit et en éprouvent du chagrin). Il était large et empli d'une eau transparente, abondait en lotus en pleine floraison et autres fines espèces. Il regorgeait de diverses espèces de poissons et d'une insondable profondeur, il était la résidence de nombreux rishis. (Précisément) Narada, le rishi céleste, vint là pour jeter un oeil à ce lac créé en un instant et Partha, capable d'exécuter des tâches merveilleuses tout comme Tvashtri, construisit également là un hall (de réception) tout en flèches, avec des flèches pour poutres et chevrons, des flèches pour piliers et des flèches pour toit. Govinda, souriant de joie dit en regardant le hall-flèches que Partha à la grande âme venait de créer: "Excellent! Excellent!" [Le traducteur] Le jeu de mots sur la profondeur du lac suffisante pour abriter des rishis, à la sagesse insondable, est très fine. Nous voila tels les chevaux d'Arjuna rafraîchis de l'atmosphère étouffante générée par l'océan de guerriers.

Section XCIX

[Sanjaya] Après que le fils de Kunti à la grande âme eut créé cette eau et construit ce hall-flèches, et tandis qu'il tenait en respect l'armée hostile, Vasudeva à la grande splendeur mit pied à terre et détela les chevaux mutilés par les flèches. Devant ce spectacle encore jamais vu, de grands cris d'applaudissement furent poussés par les sidhhas et les charanas et par tous les guerriers. (Les siddhas, êtres accomplis, sont sensés avoir des occupations moins futiles que d'assister à un beau combat. Mais durant la bataille de Kurukshetra il ne restait plus grand monde dans les différents paradis. Tous les hôtes célestes assistaient au spectacle.) Les puissants rathins étaient incapables de résister au fils de Kunti, bien qu'il combattit à pieds. C'était extraordinaire. Alors que des cohortes et des cohortes de chars et des myriades de chevaux et d'éléphants se précipitaient vers lui, Partha ne ressentait aucune peur et combattait, l'emportant sur tous ses ennemis. Les rois tiraient des nuées de flèches sur le fils de Pandu et ce pourfendeur de héros hostiles, le fils de Vasava à l'âme vertueuse, ne ressentait aucune anxiété. En fait, le vaillant Partha recevait des centaines de pluies de flèches, de masses et de lances (chaque averse provenant d'un guerrier) venant à lui, comme l'océan reçoit centaines sur centaines de rivières coulant vers lui. Avec la puissance impétueuse de ses propres armes et la force de ses bras, Partha recevait les meilleurs des projectiles tirés sur lui par ces meilleurs des rois. Bien qu'il était à terre, il réussissait à résister à tous ces rois se tenant sur leurs chars, comme cette unique faute, l'avarice, détruit une armée de vertus. Les Kauravas, O roi, applaudissaient la prouesse merveilleuse de Partha et de Vasudeva, disant: "Quel évènement plus merveilleux a jamais eu lieu en ce monde, ou aura jamais lieu, que celui de Partha et Govinda dételant leur chevaux au cours de la bataille? Faisant montre d'une féroce énergie et de la plus grande assurance sur le champ de bataille, ces meilleurs des hommes nous inspirent des pensées élevées." Alors Hrishikesha, aux yeux en pétales de lotus, souriant avec une calme assurance, comme si, O Bharata, il était au milieu d'une assemblée de femmes (ce qui ne pouvait l'émouvoir car dit-on il y en avait 16000 dans son gynécée), après qu'Arjuna ait créé ce hall fait de flèches, conduisit les chevaux à l'intérieur, sous les yeux, O monarque, de toutes les troupes. Krishna, qui était habile pour panser les chevaux, apaisa leur fatigue, leur peine, leur écume, leurs tremblements et leurs blessures. Arrachant les flèches et frottant les chevaux avec ses mains, puis les faisant trotter comme il convient (pour éviter les contractures de muscles et qu'ils prennent froid), il les fit boire. Après qu'ils aient bu et que leur fatigue et leur peine fut apaisée, il les attela à nouveau soigneusement à ce meilleur des chars. Puis, le meilleur de tous les porteurs d'armes, Saurin à la grande énergie (solaire) remonta sur le char avec Arjuna et partit à grande vitesse. En regardant ce char des meilleurs des maharathas à nouveau attelé avec ces destriers dont la soif avait été étanchée, les meilleurs parmi l'armée des Kurus redevinrent moroses. Ils commencèrent à soupirer, O roi, comme des serpents auxquels on a arraché les crocs. Et ils disaient: "Fie! fie de nous! Partha et Krishna sont partis, sous le nez de tous les kshatriyas, montés sur le même char, revêtus de leurs armures, et massacrant nos troupes avec autant d'aise que des enfants s'amusant avec un jouet. Vraiment, ces "consumeurs" d'ennemis sont partis à la vue de tous les rois faisant preuve de prouesse, sans être gênés par nos cris ni par la lutte de nos combattants." D'autres guerriers disaient: "Eh! vous autres Kauravas, remuez vous pour abattre Krishna et le porteur de diadème! Après avoir attelé ses chevaux sous les yeux de tous nos archers, lui de la race de Dasharha se dirige vers Jayadratha, en nous massacrant." Certains seigneurs de la terre parmi eux, O roi, ayant assisté à ce merveilleux incident jamais vu auparavant dirent: "Hélas, par la faute de Duryodhana, ces guerriers du roi Dhritarashtra et la terre entière, tombés en grande détresse, sont détruits. Le roi Duryodhana ne le comprend pas." Ainsi parlaient de nombreux kshatriyas. (Les Bharatas sont de grands bavards, même sur un champ de bataille.) D'autres, O Bharata, disaient: "Le souverain des Sindhus a déjà été expédié au royaume de Yama. Avec sa courte vue et son ignorance des moyens à employer, que Duryodhana fasse maintenant ce qu'il y a à faire pour ce roi." Pendant ce temps, le fils de Pandu, constatant que le soleil courait vers les collines de l'ouest, fit accélérer ses chevaux dont la soif était étanchée vers le lieu où se trouvait le souverain des Sindhus. Les guerriers (Kauravas) étaient incapables de s'opposer à ce héros aux bras puissants, ce meilleur de tous les porteurs d'armes, tandis qu'il se déplaçait tel le Destructeur en colère. Ce pourfendeur d'ennemis, le fils de Pandu, agitait cette armée comme un lion le fait avec un troupeau de daims, tandis qu'il progressait pour attraper Jayadratha. Lui de la race de Dhashara, pressait ses chevaux à grande vitesse et soufflait dans sa conque, Panchajanya, qui était de la couleur des nuages. Les traits tirés par le fils de Kunti devant lui se mirent à tomber derrière lui, telle était la vitesse de ces chevaux, rapides comme le vent. (!!) Alors de nombreux rois, emplis de rage, et de nombreux autres kshatriyas entourèrent (encore une fois) Dhananjaya qui voulait tuer Jayadratha. Tandis que les guerriers se dirigeaient vers ce taureau parmi les hommes, Duryodhana se dirigea rapidement vers Partha. De nombreux guerriers, regardant ce char dont le cliquetis était tel le grondement des nuages et qui portait cet effrayant étendard à l'effigie du singe dont la bannière flottait au vent, furent extrêmement découragés. Alors que le soleil était pratiquement caché par la poussière, les guerriers, accablés par les flèches, devinrent incapables de même regarder les deux Krishnas.